L'élection présidentielle en France sous la loupe
Faculté des Sciences Sociales
Le chercheur Manuel Cervera-Marzal, de la Faculté des Sciences sociales de l'Université de Liège, était l'invité d'une émission du journal d'information "Mediapart" au sujet de la candidature, et de la potentielle victoire, du candidat de La France Insoumise, Jean-Luc Mélanchon, aux élections présidentielles de 2027.
Emission Mediapart : Mélanchon peut-il gagner la présidentielle ?
Cette émission était consécutive à un article publié sur le site Hors-Série sur le même sujet.
Au sujet de la montée en puissance tardive de Mélenchon : "Les jeunes, les classes populaires, les abstentionnistes intermittents, n’apparaissent dans les sondages qu’à partir du moment où ils commencent à s’intéresser aux débats. Leur intensité participative est faible hors période électorale. Les enquêtes d’opinion les sous-représentent systématiquement. Ainsi, les mêmes enquêtes surestiment l’extrême droite et sous-estiment le vote insoumis. Rien d’étonnant donc à ce que Mélenchon démarre bas : son électorat est, en dehors des échéances électorales, statistiquement invisible. De là découle une évidence analytique : les sondages de décembre 2025 ne nous apprennent rien sur les dynamiques de mars-avril 2027."
https://www.hors-serie.net/melechon-2027-la-victoire-a-portee-de-main/
La gauche radicale comme objet de recherche
Lorsque Manuel Cervera-Marzal, chercheur qualifié FNRS et Directeur du laboratoire de recherche PragmApolis prend la plume pour écrire sur la politique en France, il s'appuie sur l'expertise qu'il développe grâce à sa mission de chercheur en sciences sociales : il mène, avec son équipe une recherche sur la comparaison de trois formations de gauche radicale : La France Insoumise, le PTB et Podemos. Il s’agit dans ce projet de traiter deux questions centrales pour la science politique : les mutations de la forme partisane et les rapports entre populisme et démocratie.
La politique sous la loupe de la sociologie : l'exemple de l'étude du PTB
Tandis que la science politique envisage la structure de l’État, les organisations internationales ou encore les systèmes institutionnels qui encadrent l’exercice du pouvoir, la sociologie, elle, se préoccupe de la politique du point de vue des humains. Elle s’intéresse aux individus et aux groupes qui s’engagent, aux motivations qui les animent, aux trajectoires sociales qui façonnent leurs prises de position, ainsi qu’aux interactions concrètes qui donnent vie au politique au quotidien. Là où la science politique analyse les mécanismes formels, la sociologie, lorsqu'elle s'intéresse à la politique, cherche à comprendre comment ces mécanismes sont vécus, appropriés ou contestés par celles et ceux qui en sont les acteurs.
Ainsi, lorsque l’on applique cette perspective sociologique à un objet concret, comme dans le cadre du projet de recherche consacré au Parti du Travail de Belgique (PTB), l’attention se déplace vers les dynamiques humaines qui structurent ce parti.
Les questions envisagées sont les suivantes : quelle est la composition sociologique de ses membres et sympathisants, quelles trajectoires sociales les amènent à s’y engager, comment s’organise son fonctionnement interne, et quelles formes prennent ses pratiques militantes au quotidien ? Autrement dit, il s’agit moins d’examiner le PTB comme une institution politique que de comprendre comment il se vit, se construit et se reproduit à travers celles et ceux qui y participent.
Pour répondre à ces interrogations, les chercheurs mobilisent un ensemble de méthodologies propres aux sciences sociales. Leur démarche combine des observations directes, des entretiens qualitatifs menés auprès de différentes parties prenantes, ainsi qu’une immersion prolongée au cœur même du parti, au plus près des militants de terrain. Cette présence sur le terrain permet de saisir la réalité du militantisme « de l’intérieur », d’observer les pratiques, les interactions et les dynamiques collectives telles qu’elles se déploient concrètement. Elle constitue une source d’apprentissage précieuse, tout en exigeant de maintenir une posture réflexive et un statut d’observateur suffisamment distancié pour garantir la neutralité et la rigueur de l’analyse.
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Laboratoire de recherche PragmApolis
