Défense de thèse

Soutenance de thèse de Ludovic Bakebek

Faculté des Sciences Sociales


©️ l bakebek

Infos

Dates
Mercredi 18 décembre
Lieu
Campus du Sart Tilman, B31 - Salle du Conseil
Place des Orateurs, 3
4000 Liège
Horaires
9h30 - 12h

La Faculté des Sciences Sociales a le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse de Monsieur Ludovic Bakebek en vue de l'obtention du Doctorat en Sciences politiques et sociales.

La thèse s'intitule : Fabriquer la ville au sud du Sahara : Une étude de la régulation sociale dans le secteur de la construction à Douala, Cameroun

Jury

  • Benjamin Rubbers, Université de Liège, Belgique (promoteur)
  • François Pichault, Université de Liège, Belgique (membre du comité de thèse)
  • Pascale Trompette, Université de Grenoble, France (membre du comité de thèse)
  • Armelle Choplin, Université de Genève, Suisse (lectrice)
  • Gérard Amougou, Université de Yaoundé II, Cameroun (lecteur)

Résumé (for english, see below)

Comment s’organise la fabrique des villes en Afrique subsaharienne ? Quelle place occupent l’Etat, les lois et les formalités dans ce processus d’urbanisation ? Comment ces dimensions institutionnelles de régulation s’articulent-elles à d’autres sources normatives qu’elles soient professionnelles, sociales ou culturelles ? C’est à ces interrogations que la présente thèse apporte des éclairages en mobilisant une approche qualitative (observations et entretiens). Elle propose de dépasser les perspectives binaires, qui tendent à appréhender l’urbanisation dans le Sud et les économies urbaines qui les sous-tendent par une opposition formel/informel. Cette dernière ne prend que peu en compte les dynamiques de régulation institutionnelle et les manières dont elles s’articulent à d’autres sources normatives.  Par une immersion dans le secteur de la construction à Douala, au Cameroun, cette thèse propose d’analyser la fabrique de la ville et l’activité économique qui la sous-tend par la perspective de la régulation sociale. Cette perspective renvoie au processus de structuration de l’activité sociale par une diversité de sources normatives : des normes légales, sociales, morales, professionnelles, culturelles etc. 

La thèse explore la régulation sociale à partir de trois dimensions de l’activité de la construction : l’urbanisme, le marché, et les relations d’emploi.  Sous l’angle de l’urbanisme, la régulation sociale est appréhendée à travers la manière dont agents municipaux et usagers négocient les formalités urbaines, à savoir les autorisations de construction et les formes de contrôle administratif qu’elles impliquent. L’analyse porte par la suite sur les relations commerciales entre prestataires, sous-traitants et clients maîtres d’ouvrage évoluant sur les marchés des constructions privées et publiques. Sur ces marchés, la régulation est saisie à travers les catégories analytiques de la confiance pour le privé et du clientélisme politique pour le public. A partir de ces catégories, l’analyse montre comment les réseaux marchands sont structurés à la fois par des normes sociales, culturelles et professionnelles, et comment ce faisant les acteurs de la construction négocient les formalités commerciales dans leurs transactions marchandes. Enfin, la focale est mise sur les relations d’emploi sur les chantiers. La régulation sociale est ici appréhendée à travers la catégorie du ‘statut’ fondée sur la compétence. Par le statut, la thèse analyse comment se négocient les conditions d’emploi et comment se crée une différence professionnelle entre les administrateurs de projet et les ouvriers salariés au sein des entreprises légales, mais aussi entre les techniciens qualifiés, les manœuvres et les apprenants au sein du marché dit de l’auto-construction. 

Enfin, la thèse interroge les enjeux de la régulation sociale, en particulier ceux liés aux trajectoires des professionnels de la construction. L’analyse consiste à explorer les logiques sociologiques qui sous-tendent ces trajectoires, en saisissant leurs formes, ainsi que les ressources/capitaux qui les rendent possibles ou les contraignent.   

Abstract

"How is urban development organized in sub-Saharan Africa? What role do the state, laws, and formalities play in this process of urbanization? How are these institutional regulatory dimensions connected to other normative sources, whether professional, social, or cultural? This thesis aims to shed light on these questions by employing a qualitative approach (observations and interviews). It seeks to move beyond binary perspectives, which tend to frame urbanization in the Global South and the urban economies underpinning it through a formal/informal dichotomy. This perspective often overlooks the dynamics of institutional regulation and how they interrelate with other normative sources. Through immersion in the construction sector in Douala, Cameroon, this thesis aims to analyze urban development and the economic activities supporting it through the lens of social regulation. This perspective refers to the structuring of social activity through a diversity of normative sources: legal, social, moral, professional, cultural norms, and so on."

The thesis explores social regulation through three dimensions of construction activity: urban planning, the market, and employment relations. From the perspective of urban planning, social regulation is examined through how municipal agents and users negotiate urban formalities, specifically construction permits and the forms of administrative oversight they entail. The analysis then focuses on commercial relations among providers, subcontractors, and clients (project owners) operating within private and public construction markets. In these markets, regulation is analyzed through the lenses of trust in the private sector and political patronage in the public sector. Using these analytical categories, the study shows how market networks are structured by social, cultural, and professional norms, and how construction actors negotiate commercial formalities in their market transactions. Finally, attention is given to employment relations on construction sites. Social regulation here is analyzed through the concept of 'status' based on competence. Through status, the thesis examines how employment conditions are negotiated and how a professional hierarchy is created between project administrators and salaried workers within legal firms, as well as among skilled technicians, laborers, and apprentices within the so-called self-construction market.

Finally, the thesis examines the issues surrounding social regulation, particularly those related to the career paths of construction professionals. The analysis explores the sociological dynamics underlying these career trajectories, identifying their forms as well as the resources or capital that enable or constrain them.

Contact 

Ludovic Bakebek

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